Il y a un mois je me suis réveillée avec un torticolis. Un banal torticolis à la base du cou et de l'épaule. Après quelques jours de "deep cold" et de motrin, le tout rentra dans l'ordre, enfin presque tout. C'était encore un peu là, mais ça ne m'handicapait pas. Bref, la vie continue.
Un petit mal de seins commence alors à s'installer, normal, mes règles approchent à grands pas! C'est le signal, mal de seins, mal dans le bas du dos et fatigue aiguë = tante Flo s'en viens pour une visite. Ma chère tante Flo Abondant arrive en même temps que bébé perce une dent. T'sais quand t'as besoin de beaucoup de sommeilles mais, à la place, tu te tapes des pleurs inconsolables de bébé, t'as mal au dos, mais faut bercer bébé pour le soulager. Un petit amour qui souffre et te le fait savoir avec rage à longueur de journée. Ouf! Je te dis que maman c'est fait des muscles cette semaine-là! La dent à percer et tante Flo est rentré chez elle.
Maman elle, elle est à bout! À bout de souffle, à bout de tout! Madame la congestion semble s'installer, les sinus font mal, la tête fait mal, je ne vois plus claire, on dirait que mes amygdales sont enflés, mais mes amygdales n'y sont plus. Elles ont pris le bord il y a de cela 23 ans. Il y a donc quelque chose qui enfle dans mon cou. De petits vertiges s'installent, parce que t'sais, pourquoi pas? La pression s'amuse à chuté pour le fun puis le mal de seins, bien, la tante Flo l'a oubliée.
Je la rappelle pour lui signaler l'oublis, mais elle semble me faire comprendre qu'elle n'y est pour rien, ce n'est pas elle qui l'a perdu. On laisse passer quelques jours, le mal de sein se fait plus insistant, ça tire dans l'aisselle, dans les côtes, dans le dos. L'épaule me fait terriblement mal. Je m'auto-examine à la recherche de quelque chose de pas normal. T'sais quand tu pèses tellement fort que tu es rendu à t'auto-examiner le poumon?? Je panique un peu parce que oui c'est enflé et ça fait mal. C'est comme pas une boule, comme une masse weird. Le mal lancinant bouge. L'aisselle est gonflée. T'essaie de te dire que c'est parce que tu as pris du poids et tu as besoin de changer de taille de brassière, c'est pour ça qu'elle te laisse des marques rouges juste d'un côté?
Tu ne veux pas y penser mais c'est là. Tu essaies de l'ignorer, mais ça pince puis ça élance. On devient un peu parano, toutes les hypothèses y passent, la fatigue, le mal de dos, t'sais c'était pas mal extrême la semaine dernière! Puis, je me surprends à y penser, parce que j'essaie d'endormir ma fille, elle qui a encore mal aux gencives et qui passe des journées de marde! Je la regarde puis, je me dis que j'aimerais être là pour ses 5 ans. Tout d'à coup que c'est grave. Tout d'à coup que j'ai choppé le cancer?
Bien non, ce n'est pas ça, arrête t'as juste 35 ans! En plus tu ne les as pas tout à fait, c'est juste dans 3 semaines! Oui mais le cancer lui, il ne demande jamais à voir tes cartes d'identité avant de frapper. Il s'en fout pas mal que t'aie 22 ans ou 82! Le mot on se l'est jamais dit. Il était juste là, dans nos têtes pendant qu'on essayait de trouver une raison plus rationnelles. Les quelques minces heures de sommeilles où j'aurais pu récupéré un peu, je ne pense qu'à ça, à mes symptômes, au fait que je commence à avoir peur de traîner ma fille à bout de bras parce que les étourdissements s’aggravent. On ne dort plus, je manque d’appétit, mon chum brise de la vaisselle (accident de gars nerveux qui s’inquiète). Puis il cassa le bol qui fit déborder le vase?
Je dois aller chez le médecin. Plus le choix, on arrête de niaiser parce qu’ont ne vit plus, ont survie à peine t'sais! Le rendez-vous est pris, la grand-maman est appelée pour garder. On commence l'attente. Les heures d'angoisse où je me répète les symptômes pour ne pas en oublier un, comme si je répétais un oral. Comment j'introduis tout cela au médecin? Il y en a du stock! Le sein m'élance et ne me laisse pas dormir.
J'ai passée par toute une gamme d'émotions. La résilience, la frustration, la peur. Tout y est passé. Je ne me sens pas bien et j'ai peur.
Le rendez-vous arrive, finalement grand-maman est reparti chez elle parce que papa peux garder. Je serai partis pour 2 heures. En revenant bébé pleur inconsolable dans les bras de papa exténuer. Bébé avait fait pipi partout lors d'un changement de couche, s'était réveillée en crise, rien fonctionne, toutes les indications laisser par maman ne fonctionnent pas, en plus le chat n'arrête pas de miauler parce qu'il est inquiet (il fait ça le fatiguant, quand bébé pleur, le chat pleur pour nous dire que bébé pleur. Un cercle infernal). Eh puis???
"J'ai une grosse inflammation du pectoral". Ben oui toi, le cancer ce n'est pas pour cette fois-ci. Je ne dit pas qu'un jour on ne se rencontrera pas, j'espère juste que ce jour-là tu vas me carter avant, t'sais, questions que j'aie au moins 82 ans et que j'aie le sentiment d'avoir vécus ma vie! Pour l'instant on traite un virus qui colle parce que je suis trop exténuée et une inflammation du pectoral et de l'épaule. C'est ça la masse weird, les élancements, le sentiment d'aisselle gonflée. On me prescrit du repos et de l'aide. Ouep, du repos, ménager mon épaule, des motrins et de l'aide, comme si cela était possible lorsqu'un bébé de 17 lbs sort 2 dents!
L'épaule et le pectoral font encore un peu mal, c'est normal, ça prend du temps à guérir, surtout qu'une des deux dents n'est pas encore toute sortie. Ça se replace par contre, j'ai moins de tiraillement, moins d'étourdissement, ouf!
Papa est soulagé, la maisonnée retrouve tranquillement son état normal. Maman est très fatiguée, endoloris et le ménage n'est pas à son goût, elle essaie de prendre ça mollo, parce que papa lui a dit qu'elle ne pouvait pas être malade, ça ne fonctionne juste pas sans elle! Anyway, je n'avais pas prévu me refaire une frousse pareille!
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