Le grand jour arrive, celui de l'échographie. Celui qui dira ce qui ce cache dans mon ventre. Celui-là fut vraiment un des plus beaux jours de toute ma vie. Pas de sonde! Cette fois-ci on voit bien.
Mon conjoint est entré là en ce disant peu importe ce que c'est, en autant que le bébé soit en santé. Moi je dois l'avouer, même si tout le monde me disait que ce serait un garçon, j'avais encore un mince espoir d'avoir une fille. J'ai grandi dans un monde de garçons et j'ai toujours voulu avoir une soeur, comme la vie en a décidé autrement, j’espérais au moins avoir une fille un jour. Mais si c'est un garçon, je l'aimerai quand même éperdument.
Le verdict tombe, c'est une fille! Wow, j'vais avoir une fille! En pleine forme et en santé. Une poupoune! Je suis complètement folle!
Puis viens les obsessions alimentaires. Je suis en temps normal, ce que l'on appelle une bibite à sucre. Enceinte je n'avais pas vraiment envie de sucré. Par contre, les pâtes, j'en aurais mangé à tous les repas! Mon conjoint m'a surpriss plus d'une fois dans le frigo à manger du spaghetti froid directement dans le contenant. "Yark, fait le chauffer au moins!".
Bâtir sa chambre fut un plaisir immense, faire sa courtepointe, son mobile, peindre, décorer, remplir la chambre tranquillement pas vite de toutes ces choses dont elle aura besoin bientôt. Les gens me disaient d'attendre le dernier mois pour faire ça, mais moi je ne voulais rien avoir à faire le dernier mois! Tout devait être prêt avant mon congé de maternité! (une maudite chance!)
Tout va trop bien, les docteurs sont contents, je ne prends pas beaucoup de poids. Les docteurs m'avaient conseillé de faire attention à ma prise de poids étant donné que chaque livre supplémentaire allait accentuer mes enflures aux mains et aux jambes. J'en souffrais déjà énormément, je n'étais pas trop dure à convaincre. Je prenais le poids dont bébé avait besoin, sans plus.
Ne pas prendre beaucoup de poids apporte son lot de gens qui s'improvisent docteur et te martèle de "ce n'est pas bon pour le bébé de ne pas prendre de poids!" et de "c'est parce que t'as peur d'être grosse, mais après ta grossesse tu vas le perdre fac arrête de te priver!" Non , ce n'est pas la peur d'être grosse, c'est la peur de dormir encore moins la nuit parce que mes mains font terriblement mal, c'est la peur d'avoir les pieds qui veulent exploser encore plus après avoir passé 5 minutes debout! Mais ça , les gens le comprennent pas et ne le comprendront jamais, donc abandonne et ignore-les! C'est fatigant, mais ton docteur sait de quoi il parle, pas matante Henriette qui continue à se bourrer d'éclaires en chocolat et de peau de poulet, en se demandant pourquoi son diabète est dur à gérer!
Le travail est de plus en plus dur mais, le décompte des dodos restant avant mon congé est amorcé! J'accoucherai à la fête des mères, mais j'arrête un mois plus tôt. Un beau repos bien mérité avant l'arrivée de ma fille.
Puis Pâques se pointe le bout du nez. La chambre de bébé est officiellement terminé! Célébrations avec la famille, tout le monde me souhaite un bon accouchement, car on ne se reverra pas avant la fête des mères. Le lendemain mon conjoint me prend en photo pour voir l'évolution de ma belle bedaine de 34.4 semaines. On se dit qu'en avril, on ira se faire prendre en photo par un professionnel, immortaliser la grosse bedaine de fin de grossesse ensemble. On se dit que la semaine prochaine on pourrait commencer le sac à couche et la valise d'hôpital, car un mois, ça passe vite. Soyons prêt!
Puis vient le 31 mars 2016. Un matin comme les autres, je ne me sens pas à mon top mais, ça va. Statut Facebook oblige, plus de 6 jours de travail avant un repos bien mériter. Je pars pour le travail mais j'ai mal à l'aine. Au travail on me dit de ne pas m'inquiéter, c'est normal, mon bassin commence à s'ouvrir et se préparer.
Le soir j'arrive à la maison, mon conjoint me trouve l'air malade et fatigué, je le suis, aujourd'hui j'ai officiellement 35 semaines. Je m'étends quelques minutes, puis j'ai une drôle de sensation.
Je perds mes eaux.
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