lundi 25 juillet 2016

Ne pas allaiter, déculpabilisons ce choix qui n'en est pas toujours un.

Dès le début de ma grossesse j'avais décidée que je n'allaiterais pas. Je ne suis pas à l'aise avec ça. Je trouve que c'est compliqué lorsque tu dois sortir en public. Nous vivons dans une société ou si tu n'allaites pas on te juge, mais si tu allaites on ne veut pas le voir. Allaité dans les toilettes, non merci!

Je me suis donnée le droit de faire le choix sans culpabilité. C'est à dire que j'avais pris la décision, non ferme, de ne pas allaiter mon enfant. Je me donnais le droit de changer d'idée si j'en avais envie à l'accouchement. Pour moi, c'était plus facile de décider d'allaiter à la dernière minute que de dire à l'infirmière que finalement je ne suis pas à l'aise et j'aimerais mieux le biberon! Si à la dernière minute je décidai d'essayer d'allaiter et que ça ne se passerait pas bien, je pourrai prendre le biberon sans me sentir comme la mère la plus indigne qui soit, parce que mon choix premier était, de toute façon, le biberon.

Et puis la vie a fait que pour mon bébé et ma santé, il valait mieux s'en tenir au biberon. Comme vous avez pu lire auparavant, mon bébé ne boira pas avant une semaine de vie. Les médecins m'avaient dit que si je voulais allaiter ils m'aideraient, mais que ce serait ardu. J'ai vu des femmes essayer d'allaiter leur bébé prématuré des 12hrs en lignes sans arrêt. Des médecins et infirmières leurs dires de donner le biberon parce qu'elles allaient être malade, parce qu'elles ne mangeaient pas et ne buvaient pas, elles ne pouvaient pas aller à la toilette ni même dormir, car leurs bébés n'étaient jamais rassasiés et pleuraient constamment.

Je me sens bien avec mon choix. Ça m'a permis de reprendre des forces dans notre aventure difficile. Ma fille et moi sommes très près l'une de l'autre. Lorsque je la fais boire elle me regarde dans les yeux et me tient les doigts avec ses petites mains. Puis après le boire je la berce doucement, coller sur moi. C'est toujours un moment doux avec ma fille... sauf pour les rots, elle déteste faire un rot.

Mon conjoint adore ce moment également. Le soir en rentrant du travail il passe du temps coller sur sa fille à lui donner son biberon. Un petit moment juste pour eux, parce qu'ils se sont ennuyés l'un de l'autre.

Pour toutes ces raisons, je ne regrette pas mon choix. Je trouve dommage que les femmes se sentent juger et se mettent autant de pressions. Pour certaines femmes ça vient toute seule (ou presque) et c'est une belle expérience, pour d'autres c'est plus compliqué.

En bout de ligne, tant que bébé et maman sont en santés et heureux, c'est tout ce qui compte. Pas la façon d'y arriver.

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