lundi 19 septembre 2016

Mon histoire de fausse fausse couche à moi.

Cette semaine j'ai lu le même article que tout le monde. Soit celui de la femme qui a fait une fausse couche à l'hôpital. Ça m'a vraiment touché parce que j'ai bien cru le vivre moi aussi, en fait, ç'aurait pu être moi!

Comme je l'ai souvent mentionnée, cela m'a pris 2 ans et demi avant de tomber enceinte. J'avais la ferme conviction que je ne pourrais jamais devenir maman. Puis mon petit "+" apparu, celui qui changea ma vie. À 6 semaines de grossesse mon monde c'est écrouler.

J'étais au travail, une journée hyper stressante était en cours, je cours aux toilettes en vitesse et tadam!!!! Du sang, pas des petites gouttes rosée, non, du sang comme un début de règle. Mon coeur s'est arrêté et je me suis mise à trembler. Je me suis dépêchée d'aller chercher une serviette sanitaire et je suis allée voir mon superviseur pour l'aviser que je devais me rendre à l'hôpital. Voilà, c'est comme ça que tout finissait. Dans ma tête c'était terminé. J'aurai été maman pendant 2 semaines. J'ai pleurée et trembler tout le 40 minutes que cela prend pour retourner à la maison. J'ai texter mon conjoint au travail pour lui dire: " je vais à l'hôpital, j'ai du sang :(" .

Arriver à l'hôpital je passe au triage. J'explique à l'infirmière ce qui m'arrive. Prise de température, prise de sang, on me dit d'aller dans la salle que le docteur allait me voir bientôt. L'infirmière me dit simplement de les aviser si les saignements s'intensifiait ou que j'étais prise de violente douleur.

J'y suis restée huit heures. Huit longues heures à attendre, à faire mon deuil. Ce jour-là il y a eu une dizaine d'ambulance qui est entrée. Donc chaque ambulance a fait que le temps d'attentes s’allongeait avant de voir un médecin. J'ai été aux toilettes une douzaine de fois pendant ce huit heures. Le vrai sang diminuait pour laisser place à du rose. J'étais assise seule sur ma petite chaise, les yeux pleins d'eau et je n'arrêtais pas de penser à ce petit bébé qui était en train de partir. Il n'était peut-être pas prêt à vivre sa vie de petit humain. Moi j'étais prête à être sa maman, mais à ce moment-là, je croyais ne jamais connaître ce bonheur.

Mon conjoint me rejoignit après sa journée de travail pour s’asseoir en silence à côté de moi. Nous étions là, à attendre un verdict. J'ai vraiment eu l'impression d'avoir été laissée en attente de voir si j'allais le perdre ou pas. Mon cas n'était pas urgent, car il n'y avait rien à faire d'autre que d'attendre de voir s'il y avait des complications. Si j'allais tomber en hémorragie ou avoir d'horrible douleurs. Je crois qu'ils m'ont en fait gardé simplement parce que je leur ai mentionnée avoir des douleurs du côté droit. Il y a eu peur que bébé ce soit logé dans une trompe, ce qui mène à une opération d'urgence pour retirer la trompe.

Au bout de mon huit heures d'attente à angoisser, pleurée, commencer à faire mon deuil, j'ai enfin vu un docteur. Elle était vraiment gentille et compatissante. Après un touché désagréable elle confirma que mon col semblait bien fermer, ce qui était bon signe. Mon taux d'hormones était bon pour le nombre de semaines que j'affirmais avoir. Par contre, l’échographie d'urgence ne révéla qu'un sac vide. Elle n'arrivait pas à voir si bébé y était toujours.  Elle me donna un papier et me dit de revenir le lendemain matin pour une échographie en radiologie d'urgence pour voir si bébé était là et au bon endroit, sinon, voir la suite des choses.

Elle m'a dit que les prochaines heures seraient cruciales, si c'est un début de fausse couche je devrais perdre du sang intensément soit remplir des serviettes maxi qui déborde en très peu de temps. Si c'est le cas, je devais revenir d'urgence à l'hôpital. Si je continuais à saigné doucement, de rester à la maison et me reposer, je devrais le mentionner lors de mon rendez-vous du lendemain. Elle ajouta que c'était triste, mais qu'il n'y avait rien à faire que d'attendre.

La nuit fut longue et pénible. Je me suis fait répéter que ce n'était pas la fin du monde, beaucoup de femmes perdent un bébé. Je n'étais pas très avancée, j'en ferai un autre! C'est la vie, le corps humain est fait que lorsqu'il y a un problème ou que le fœtus "n'est pas bon", l'utérus l’élimine.  Je savais tout ça, mais reste que ça fait très mal. Je n'avais pas l'impression d'être comprise dans ma détresse et ma peine.

Les saignements sont restés rosée et mon échographie  montra un petit grain de riz avec un pixel qui flash, son coeur battait et bébé allait très bien, le niveau de liquide était bon et le placenta semblait normal et bien en place. Quel soulagement! Au final ils conclurent que mon col était fragile et qu'ils ne savent pas pourquoi, certaines femmes ont des saignements au début d'une grossesse.

J'ai continuée d'avoir des saignements à tous les 3 semaines durant 3 à 5 jours jusqu'à mon rendez-vous de 12 semaines. Ce jour-là le docteur m'a dit de ne pas inquiéter, tout allait pour le mieux et j'ai été capable d'entendre son petit coeur battre. J'ai eu beaucoup de chance, mon bébé est une guerrière. Elle à toute une histoire cette petite grenouille là!


La prochaine fois que quelqu'un fait une fausse couche, ne lui dites pas "c'est pas grave, t'en fera un autre". Émotionnellement (et parfois physiquement) ce n'est pas aussi simple qu'en faire un autre. Une fausse couche c'est le décès d'un rêve, d'un être cher. Même si bébé a la taille d'un grain de riz, il était là et à laisser une petite cicatrice dans le coeur d'une maman.

À toutes ces mamans qui ont une petite étoile au ciel, je vous envoie un gros câlin.



Aucun commentaire:

Publier un commentaire