Nous sommes dans une fête. Soudain ma fille qui a eu une trop grosse journée, qui perce une dent trop tôt et qui a mal au ventre décide qu'elle n'en peu plus. Le souper est sur le point d'être servie, elle éclate. La crise empire j'essaie de la calmer mais je vois que c'est le genre de crise qu'il n'y a que de la patience qui en viendra à bout. Elle ne se sent pas bien, je le vois et le sens dans sa raideur. Ma fille je la connais. Je reconnais les signes. Je fais tous en mon pouvoir pour soulager ce que je peux soulager. Je m'isole dans un endroit tranquille, je la mets en couche pour qu'elle ait moins chaud, je lui donne de l'eau, la masse. J'essaie de lui changer les idées parce qu'en bout de ligne, faut attendre que ça passe. Il n'y a pas 36 solutions.
Puis il y a "les gens" autour.
Il y a ceux qui restent silencieux, avec un petit sourire et un regard de "je comprends, je ne te dérangerai pas, t'as besoin d'espace".
Il y a ceux qui t'aiment pas vraiment et qui ont de la difficulté à cacher leurs trop pleins de joie de te voir en arracher un petit peu. Ce soir, ils n'auront pas besoin d'utiliser la poupée vaudou à ton effigie, car la vie s'en charge à leurs places.
Il y a ceux qui n'ont pas d'enfants, qui ne comprennent pas vraiment qu'est-ce qui se passe et aimeraient tellement t'être d'un soutien. Plus ça va et plus ils te dérangent, tu as envie de perdre patience et les envoyé "péter dans les fleurs" mais tu sais qu'ils se sentent impuissant et veulent t'aider. Tu sais aussi que si tu hausses le ton, c'est bébé qui va sursauter et tu vas juste aggraver sa crise.
Il y a la maman, celle qui tourne en rond et qui voudrait en faire plus. Elle veut trop, parce qu'elle se sent impuissante. Elle voudrait tellement t'aider plus, elle te propose tout pleins de solution, d'aller gérer la crise elle-même, mais tu ne veux pas, tu la repousses parce que tu es déjà en contrôle de la situation (même si pour les autres ça ne paraît pas). En même temps tu la comprends, elle voit son bébé de 34 ans avoir de la misère et elle veut intervenir, son instinct de maman.
Arrête de t'en faire maman, après tout c'est toi qui m'a tout enseigné, la crise je suis capable de la gérer grâce à toi!
Il y a ceux qui veulent un peu trop, qui te propose des solutions que tu sais qui est mauvaise pour ton bébé. Que si tu le fais, tu sais que dans quelques heures ce sera bien pire. Ta fille a des petits bobos, ils ne le savent pas et tu ne veux plus vraiment l'expliquer, donc tu les laisses parler, mais c'est irritant.
Il y a ton chum qui sait, il comprend, il sait très bien que son rôle est de s'occuper de toi pendant que tu t'occupes de son enfant. Il t'approvisionne en nourriture et breuvage, il court tout ce dont tu as besoin. Il fait ce qu'il peut pour te rendre la vie plus facile pendant qu'elle est difficile.
Il y a aussi ceux qui, au travers du moustiquaire, t'entend répété que tu la gâtes trop. Cette phrase là, PUS CAPABLE! Cette phrase là te rend folle. Un peu comme lorsque tu prends une débarque et t’érafle le genou bien comme il faut, puis, que ton chat, pour te consoler, lèche ta blessure avec sa langue de papier sablé. "Elle la gâte trop" me donne cet effet là, comme si tu frottais mes nerfs écorcher avec ta langue de papier sablé!
Je sais que je suis trop susceptible, que je ne devrais pas m'en faire avec ce que les autres disent. Je sais que je me fais du mal pour rien. Je ne veux plus l'expliquer, pourquoi ma fille a un million de petits bobo qui sont pris en charge par des spécialistes, on y travaille à tous les jours pour rendre ses journées plus faciles. Les gens eux le savent pas, ils ne font pas exprès.
Alors, au final, si la gâter veut dire d'essayer de la soulager et la réconforter lorsqu'elle à mal quelque part et qu'elle est très fatiguée, alors oui, je suis coupable de trop la gâter. J'ai même l'intention de continuer! Il va donc falloir m’endurcir les nerfs.
C'est pourquoi je me vide le coeur dans un billet sur la toile. Le polysporin des nerfs écorcher d'une maman fatiguée!
xx
Aucun commentaire:
Publier un commentaire