jeudi 28 juillet 2016

L'ironie du sort.

Dans ma vie j'ai eu deux relations vraiment sérieuses. Une qui a duré près d’un an lorsque j'avais 19 ans et une autre lorsque j'avais 20 ans et qui se poursuit toujours aujourd'hui. Donc 14 ans.

Le premier amour on ne peut pas l'oublier. J'ai déménagé à Montréal juste avant l'entrée scolaire, juste avant mon premier jour de ma première année du primaire. C'était assez intimidant. Nouvelle ville, nouveau mode de vie, nouvelle école et je ne connais personne. Aucun repère, rien! Que du neuf. J'étais une petite (bon petite on s'entend, j'ai toujours été plus grande que la normale) fille terriblement gênée, il m'était difficile de faire confiance et d’approcher les gens. Dans ma classe il y avait un garçon du nom de Donald. Mon dieu qu'il était beau! Grand blond aux yeux bleue, gentils , un peu timide. En plein mon genre. Il était anglophone mais parlait bien le français, avec un petit accent tout mignon. C'était mon premier coup de coeur. La première fois ou mon coeur c'est vraiment emballer pour quelqu'un. J'ai gardé le secret, je ne pouvais pas lui dire j'aurais pu mourir de peur!

Le jour de mon anniversaire, le jour de mes 7 ans. Il semblait très nerveux et marchait dans le corridor près des cassiers. J'étais une des dernières arriver et je finissais de ranger mon manteau, mes bottes et mon cache-cou plein de morve gelée, puis en me dirigeant vers la classe il m'arrêta. Il me donna un cadeau. Il m'avait donné une petite boîte de poudre parfumée; envelopper avec du beau papier et des rubans. Je n'arrivais pas à y croire. Comment ce fait il qu'il connaissait ma date de fête! Puis il m’annonça qu'il quittait dans une semaine. Sa grand-mère le transférait d'école. Mon monde c'est écrouler! Je n'ai jamais su si le cadeau était un cadeau d'adieu ou s'il savait réellement que c'était ma journée de fête. Ce jour, ce moment-là va rester gravé à jamais dans ma mémoire. J'ai gardé son cadeau très précieusement dans ma table de chevet.. jusqu'au jour ou mon frère, fâcher contre moi, le répandit partout dans notre chambre et brisa la boîte. Mon coeur c'est briser une seconde fois.

Puis vin mon premier vrai amour. Celui d'une relation de près d’un an. C'était beau et merveilleux jusque vers la fin. Les derniers deux mois. Les mois où tu commences à te rendre compte que ça va loin, que tes stables depuis un bout et que tu es à la croiser des chemins. J'avais fini le secondaire et je travaillais dans un emploi saisonnier. Je venais d'avoir ma première voiture. Beaucoup de choses changeaient rapidement dans sa vie également puis on est tombé devant les vraies questions. Qu'est-ce qu'on fait? Est-ce qu'on va vivre ensemble un jour , et si oui, où? On cherchait tous les deux des emplois plus satisfaisants et on s'obstinait un peu sur nos choix de vie.

Moi, je suis du genre à carburer aux plans! Je me donne des objectifs à atteindre et c'est ce qui me motive à continuer. Vivre au jour le jour pour moi ça mène nulle part. J'ai besoin d'un but, qu'au bout du chemin qu'il y est un aboutissement, une récompense! J'ai toujours été comme ça. Je fais bien des choses impulsives, mais la plupart de tout ce que je fais a été calculé d'avance et j'ai un plan B qui traîne pas loin.

Lui, est du genre, on vit aujourd'hui pis on s'occupera de demain en temps et lieux. Ça déjà là, avec moi ça ne passe pas. Je veux bien prendre ça plus relax mais j'ai besoin d'objectif. J'ai besoin de savoir qu'on va à la même place. Juste les grandes lignes de ta vie, pas les détails et le chemin que tu vas prendre pour y arriver, ça oui, on s'en occupera en temps et lieux. Mais j'ai besoin de savoir où tu vas pour voir si on va un jour se ramasser au même endroit. Sinon, on perd notre temps!

Notre relation s'arrêta sur un commun accord. Un jour il me dit que mon mode de vie n'est pas bon pour lui, et moi de lui dire de même. Il me dit comme exemple que si demain matin il décide d'acheter une moto il ne veut pas avoir à tout calculer et me demander ma permission. Lui, si demain il veux une moto, il va chez un concessionnaire et achète sa moto, point final, je n'ai pas mon mot à dire.

Pas moi! Si tu veux une moto c'est bien, mais il faut qu'on en parle avant. Ne me met pas sur le fait accompli. On va s’asseoir, regarder nos finances puis si tout est correct on ira la magasiner ta moto. Mais n'arrive pas avec une moto sans en avoir discuté d'abord parce que dans 2 mois quand je vais devoir travailler sur 2 emplois avec temps supplémentaires dans le tapis parce qu'on n'arrive pas à payer les factures à cause de ta moto. À cause de ton impulsion pis ton non vouloirs de planifier un peu avant. Non, ça ne passe juste pas. Comme de fait, ça n'a pas passé et on s'est dit qu'on n'allait pas à la même place dans la vie et qu'on se rendrait misérable si on vivait ensemble. Nous nous sommes séparé.

Je ne pourrai jamais oublier cette année de notre vie. C'était mon premier vrai amour. Peu de temps après j'ai rencontré l'homme de ma vie, celui qui partage ma vie présentement, le père de ma fille. Celui qui s'en va dans la même direction que moi, qui ne sais pas trop comment on va s'y rendre mais il fait le chemin avec moi puis on gère ça comme ça viens. Ce n'est pas compliquer avec lui. On se rend heureux et j'aime ça.

Mon premier amour aussi à trouver sa perle rare quelques mois après notre séparation. Il a trouvé la femme de sa vie, celle avec qui il passerait le reste de sa vie. Il l'a marié, et a vie sa vie au jour le jour comme il le voulait tant. Il s'acheta une moto et allait faire des tours comme bon lui semble. C'était ça qu'il voulait et j'étais contente qu'il soit heureux. C'est une bonne femme, une bonne femme pour lui!

Puis il y a deux ans, je reçois un message. Un message d'une personne avec qui je n'ai pas eu de contact depuis longtemps. Quelqu'un qui n'avait plus mon numéro de téléphone (plusieurs déménagements obligent) mais qui me retraça sur Facebook. Mon premier amour est décédé d'un accident de moto. Il sortit faire un tour, il dit à sa femme qu'il serait de retour pour le souper et il ne revint plus jamais. 

Ce jour-là notre conversation sur la moto m'est revenue en tête. Dire qu'il y a 15 ans nous avons eu une discussion sur sa moto, et c'est elle qui l'a emporté. Je n’oublierai jamais cette conversation, la conversation qui décida si on continuait ou pas. Je n'ai pas pleuré, je ne l'aimais plus depuis longtemps, mais ça fait drôle. Comme un engourdissement, tu sais que c'est vrai, t'as vue les articles de journaux et avis de décès mais c'est quand même surréaliste.

La vie continue et je l'ai mis dans ma boîte à souvenirs.

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